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dimanche 30 août 2026

2026-08-30 J2 Montgenèvre


Voici le CR de notre premier jour de rando.
« Jour 1 - le Collet Vert
Nos 3 guides nous retrouvent au club Hotel: Arnaud qui nous avait déjà guidé au Lavandou et dans le Vercors, ses 2 collègues de Briançon Anne Claire et Cedric.
Après la présentation du programme de la semaine, nous nous répartissons en 3 groupes: vert (les marmottes), bleu (les bouquetins) et rouge (les chamois)
Nous rejoignons Montgenevre village et chaque groupe attaque sa randonnée.

Groupe rouge: les chamois
Arnaud est le guide du jour. Nous sommes 14 à l’accompagner.
La montée se fait a l’ubac en suivant la rivière Doire qui coule dans le bassin versant du Po en versant adriatique. Le temps est frais mais agréable.
Le cheminement se fait dans le mélèzin, peuplement de mélèze d’Europe, l’arbre du brianconnais, majestueux, au tronc galbé au pied sous l’effet de la reptation de la neige sur le jeune plant, un des rares résineux à perdre ses aiguilles en hiver.
Le pin Cembro ou pin d’Arolle l’accompagne avec ses aiguilles groupées par 5.
On découvre la Joubarbe des montagnes , le sorbier des oiseleurs, l’alisier blanc … et un corvidé, le casse noix moucheté qui est un partenaire privilégié du pin cembro dont il disperse les graines. Une hermine , surprise par Françoise, détale parmi les rochers. Un vautour fauve nous survole, l’œil rivé sur Gérald, pas très en forme.
Au sortir de la forêt, la vue est magique: le fort de Janus (de la ligne Maginot), la barre des Écrins avec le Pelvoux et le Gaspard, les calcaires du Rosier teintés de rouge par le sang des éléphants d’ Annibal et bien d’autres sommets.
Un peu avant le col du Collet Vert, nous faisons une halte au pied de la falaise des Pillow lava. Il est 12h16, tout le monde pense à Guy qui, chez lui, a dû entrer en trans ! Ce dernier, filou, a commandé des photos à Gérard et Michel pour être sur d’en avoir. Gérard, qui cherche les meilleurs clichés, nous fait une frayeur en partant tête la première dans les éboulis. Heureusement, plus de peur que de mal. Arnaud nous donne l’origine des Pillow lava, fruit d’éruptions sous marines profondes dans la mer alpine il y a 100 millions d’années.
Nous atteignons le col et une partie du groupe poursuit l’ascension jusqu’au Grand Charvia à 2640 m d’altitude. La vue est somptueuse: le village de Sestrieres et son vaste domaine skiable, la vallée des fonds, le mont Viso en Italie (il re di pietra - le roi de pierre pour les piémontais qui le voient de partout dans leur région), le Chaberton , les Écrins ….
Tout le monde se retrouve pour partager le repas au bord d’un petit lac, Arnaud nous fait goûter son génépi.
Nous redescendons vers Montgenevre par le versant de la Durance, d’abord par les pistes desservant la station de ski, puis par un sentier plus agréable. Nous profitons, à une halte, des dons de conteur d’Arnaud.
Arrivés à Montgenevre, nous revenons à pied jusqu’au club.
Au final, 16 km environ et 900 m de dénivelé.
Michel

Groupe bleu: les bouquetins Avec Anne Claire.
Montgenèvre... Lorsque Françoise m'annonça la destination choisie, la curiosité l'emporta sur mon ignorance: Google me combla. Station alpine fricotant avec l'Italie au fin fond des Hautes Alpes, entre la vallée de la Clarée et le Val de Suse ! Annibal y aurait fait paître ses éléphants. Pauvres bêtes ! Montgenèvre, c'est la querrencia. Le refuge protecteur de la force et de la vaillance de ceux qui y sont nés: l'eyrie alpine d'une population fière de sa liberté.
6h30. Dans les quelques milliards de neurones qui conversent dans mon vieux cerveau, le métronome de mon horloge biologique tonne au mirliton du réveil. Nuit noire. Délice des premières lueurs de la quintessence du jour qui chasse les affres des démons de l'obscurité...
Après un petit déjeuner autant classique que sympathique, c'est le départ pédestre, et en bon ordre, vers Montgenèvre. Les groupes sont vite formés. Nous serons sept au groupe 2. Six femmes et un seul homme: le coq et ses adorables poussins. Anne-Claire sera notre guide. "Légère et court vêtu, elle allait à grands pas" nous entraînant entre pistes de ski et golf pas miniature. La montée dans les bois de mélèzes et de pins cambro se passe dans la douceur et la fraîcheur d'une matinée fort ensoleillée. Une esquisse de plan, faite de cailloux, de bâtons de ski et d'authentiques figurants représentant les montagnes, va lui permettre de nous dessiner la Durance, la Doire Ripaire, la Clarée entourées des monts leur ayant donné naissance... Nous cheminons entre les cèpes de pin qui badigeonnent les bordures des chemins, les fausse coulemelles au chapeau pointu et les vesses-de-loup, alors que plus loin ce seront les crocus, les gentianes asséchées et les trop rares Chamaemelpilus alpine dont les baies rouges pourraient taquiner les groseilles...
Anne-Claire grimpe doucement. Les mélèzes s'égrainent peu à peu; Gisèle peine dans les rempaillous parfois éblouissants. Plus haut, presque dans les nuages, le groupe 1 se dandine dans les lacets... Nous nous arrêtons à l'ombre de télécabines suspendus au dessus de nos têtes, tout près d'un mini-lac d'où sourd un mince filet d'eau claire affriolante. Le déjeuner se mêle aux conversations qui vantent la beauté de la Barre des écrins et de ses menus glaciers, du Mont Pelvoux ou du puissant Chaberton que conquirent brillamment les soldats français lors de la dernière guerre mondiale...
La redescente dans la caillasse fut entrecoupée  des explications fort documentées d'Anne-Claire sur ce fond d'océan qui eut le culot de percer le sommet du Chenaillet ou des historiettes sucrées contées comme à l'école devant des fronts ridés par le poids des ans, bouché bée, à l'écoute de ce petit oiseau que le paysan du coin cacha dans une bouse où il fut croqué par le renard, du coin aussi, et dont la morale qui, chez nous dans l'Ariège aurait pu rejoindre le fameux dicton: "À force de remuer de la merde, on finit par s'en foutre dessus" et qui, ici, fut bien plus prosaïque : "Quand on est dans la merde, il vaut mieux, parfois, savoir la fermer !" On rigole, on descend entre les pistes de ski et le golf pas miniature et on rejoint Montgenèvre où nous empruntons la navette dès son arrivée.
Une journée mielleuse où le chant des mélèzes balayés par la brise pas encore hivernale nous enchanta aussi de ces odeurs magiques des graines des pins cambro...
Jean François

Groupe 3 : les marmottes 
Nous sommes onze à partir à la découverte de Montgenèvre et de la forêt qui l'entoure à la suite de Cédric. Depuis l'obélisque Napoléon, il nous relate l'histoire de Montgenèvre : le col le plus fréquenté des Alpes, depuis Hannibal, qui culmine à 1860 m. Ensuite nous nous arrêtons devant le canon qui rappelle la victoire des français sur les italiens en 1940. Puis nous prenons la direction du rocher diseur, nous contournons le golf internationnal et grimpons doucement jusqu'à un premier canal d'irrigation que nous suivons. Cédric nous fait remarquer plusieurs fourmilières aux domes volumineux et nous explique que c'est signe que la forêt se porte bien. Il nous parle aussi du roi de la forêt : le mélèze, aux épines si douces, au tronc compact et quasi imputrescible. Ainsi les toits de Montgenèvre sont fabriqués en mélèze (une toiture en mélèze va durer cinq générations). Soudain nous débouchons dans une clairière qui abrite une yourte et,  un magnifique tipi, gardés par un totem marmotte. Nous nous installons dans le tipi et prenons notre collation du matin. Nous voici au pied d'une piste, nous l'ignorons et descendons jusqu'à la Doire que nous traversons sur un pont de palettes. Nous voici dans la partie sauvage de la vallée. Jusque là, nous avons grimpé tranquilement, sans nous en rendre compte. A présent le sentier est raide, et chacun à notre rythme, nous gravissons la pente en direction d'un torrent scintillant (c'est la Doire). Nous voici arrivés au bord du torrent que nous devons traverser, à gué, cela va de soi ... Cédric rajoute quelques pierres par-ci, par-là et nous nous aventurons de l'autre côté. Une fois sur l'autre rive, nous décidons de pique-niquer. Nous nous installons confortablement qui sur une belle pierre, qui sur un tronc d'arbre couché, face à un décor à couper le souffle. Cédric a apporté café, thé et tisanes qu'il nous offre ainsi que le pousse-café : le génépi bien sûr.
Après la sieste, nous empruntons un sentier-ruisseau avec un ou deux passages délicats, avant de rejoindre un second canal d'irrigation. Les mélèzes constituent l'essentiel de la forêt et les sorbiers des oiseleurs mettent une touche colorée de-ci, de-là. Epilobes, framboisiers, groseillers, myrtilles, .... bordent le sentier. Nous traversons une dernière fois la Duire avant d'entamer la descente vers Montgenèvre essentiellement sur la piste de ski. Les télésièges tournent sans fin au-dessus de nos têtes, transportant quelquefois des vélos avec leurs conducteurs. Nous terminons la descente en longeant le golf avant de rejoindre le village. Nous atteignons le Graal afin de savourer la traditionnelle bière pression du dimanche, puis tranquillement nous reprenons notre route jusqu'à l'hôtel. Merci Cédric pour cette très belle randonnée fort bien commentée.
Régine

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