Col de Lers et Pic des Trois Seigneurs
Nous sommes huit courageux à nous retrouver au col de Lers (1517 mètres) en Ariège afin de grimper au pic des trois Seigneurs (2199 mètres). Et quelle ascension !!! Première heure, on grimpe, et on grimpe... jusqu'à la crête (10 mètres par minute calcule Michel, 600 mètres en une heure)... Parvenus sur la crête à 1943 mètres, on a gravi 426 mètres en 40 minutes de marche effective, il est un peu plus de 10 heures, l'air est frais, il fait beau et bon. On se sustente un peu et on admire le paysage, Anne utilise son application magique et nous apprenons que face à nous le Mont Valier culmine à 2838 mėtres, le pic Soubirou à 2277 mètres, ... On distinsgue bien la Pique ou Mont Béas (1903 mètres)... A nos pieds l'étang de l'Hers, et, toutes petites, nos deux voitures qui attendent sagement notre retour. Roger nous rappelle qu'il reste encore un bout de chemin et 256 mètres de dénivelé positif pour atteindre le pic où les trois seigneurs des vallées de Massat, Vicdessos et Rabat-les-Trois-Seigneurs se retrouvaient sur la grande dalle de ce sommet pour renouveler leur alliance d'oú son nom et ses trois croix. Alors nous repartons.... Nous cheminons sur la crête, qui en dents de scie et par les pics de Fontanette et de Barrès, nous amène au pied du pic des Trois Seigneurs. Le paysage change petit à petit, le sentier est presque plat au début, on entend les sonnailles des troupeaux, les vaches s'interpellent, deux grands rapaces tournoient au-dessus de nos têtes dans le bleu limpide et lumineux... Et soudain nous nous retrouvons au-coeur des éboulis de granit en train d'escalader la montagne, les bâtons gênent l'avancée, la pierre est froide, agréable au toucher, nous lançons les bâtons (quand nous en avons bien sûr, Roger grimpe les mains dans les poches...), et nous nous hissons comme nous pouvons, avec plus ou moins de grâce. Des randonneurs plus jeunes nous dépassent (il y en a qui montent en courant), d'autres redescendent, on échange des bonjours souriants. Nous faisons corps avec la montagne et progressons lentement mais sûrement. Le sentier est vertical à présent, il faut trouver son passage... Je m'asseois sur une pierre plate, très confortable ma foi, notre guide, debout deux ou trois mètres en amont, me propose de les attendre (il reste 20 minutes pour atteindre les trois croix). J'accepte et contemple le chemin parcouru, discute avec les passants qui vont ou viennent ... Quelques minutes passent et voilà Jean et Gérald qui me rejoignent, ils ont fait demi-tour à l'étage supérieur, prétextant le vertige, la descente qui va être difficile ou ne voulant pas me laisser seule ? Quoi qu'il en soit, la pierre plate ne peut pas nous accueillir tous les trois, nous décidons d'aller attendre le retour des cinq vaillants un peu plus bas, à la croisée des chemins, et de déjeuner. Pendant ce temps nos cinq téméraires sont parvenus au sommet et se sont installés un peu à l'écart des trois croix métalliques afin de profiter du point de vue sur les montagnes alentour : Pique d'Endron, Pique Rouge de Bassiès, pic de Girentès, Vallier,... Aprés le repas, Gérald propose que nous commencions la descente vers l'étang d'Arbu, il a été en repérage et elle s'annonce délicate... Et nous voilà partis, Jean ouvre la marche ... Que dis-je ? La glissade sur les fesses ... En effet le gispet favorise la glisse même s'il pique un peu, c'est rigolo.... Nous descendons lentement.... Nous nous retournons fréquemment en espérant apercevoir nos cinq acolytes... A aucun moment nous ne verrons le pic et ses trois croix ... A mesure que nous descendons, le chemin se referme ... Impossible de voir où on est passé... Tout à coup les voilà... On se salue et hop ils disparaissent... puis réapparaissent....jusqu'au moment où nous nous rejoignons... Nous repartons et descendons vers l'étang d'Arbu....et le voici.... Il est magnifique, majestueux, nous ne résistons pas au plaisir de prendre un bain de pied.... C'est divin.... Les linaigrettes fleurissent le pourtour de l'étang, c'est splendide... Une famille de canards barbotte tranquillement, au-loin des nageurs... Nous reprenons le chemin, la végétation s'intensifie mais reste basse : bruyères lumineuses, rhododendrons en fin de floraison... L'ombre est rare, la descente n'en finit pas.... Les troupeaux de vache ruminent... Sur notre gauche, une cabane de berger dans son jus... Nous atteignons enfin le pont de Ganioule qui marque la fin de la descente. Nous voici dans un sous-bois, frais, peuplé de bouleaux, cheminant vers la route du col. Michel, arrivé à la D18 bien avant moi, part récupérer sa voiture en stop, et après un aller-retour au col de Lers pour chercher la seconde voiture, nous voici attablés au bar de Val-de-Sos.
Merci à Roger pour cette extraordinaire randonnée.
NB : A partir de ce jour, la randonnée du Pic des 3 Seigneurs servira de référence. Quand Roger notera dans l'agenda "plus facile que le Pic des 3 Seigneurs" vous pourrez vous aventurer tranquillement mais s'il note "plus difficile que le Pic des 3 Seigneurs" sachez que vous risquez d'en baver !!!
Régine et Roger