Nous voilà 24 au départ à la
sortie de Lavalette. On a hésité, il faisait des gouttes à Carcassonne mais on
a eu bien raison de persévérer, le temps nous a été clément et on a même
eu vite chaud.
Nous partons à travers
champs et vignes, sur un chemin plein d’empreintes de chevaux. Puis nous entrons dans le sous-bois d’une
forêt de chênes. Il a beaucoup plu ces derniers temps et cela laisse des
traces : flaques et boue, ça glisse ! Les avis s’échangent : est-ce
que c’est mieux en montée ? est-ce que c’est mieux en descente ? Bah,
ça se vaut. Et même quand c’est plat… Des sangliers ont dû essayer le ski sur
boue, il y a de belles traces de sabot-glissé. Nous cheminons toujours dans les
sous-bois, la végétation de notre pays a cet avantage de rester verte, on a
moins l’impression d’hiver et elle nous ménage ici un couloir bien
fourni ; sous les chênes, de nombreux buissons occupent l’espace. On
monte, on descend, et nous voilà au sommet, qui nous offre un beau panorama sur
un paysage agricole autant que boisé, des fermes, une construction en cours que
nous pensons être un abri pour les chevaux ; il y d’ailleurs un cheval qui
semble surveiller. Devant nous, un toit en poivrière émerge des arbres, c’est
la propriété de Lavax.
À partir de là, nous
commençons la descente sur Alairac, toujours en forêt. Et voilà ce beau
village. Nous grimpons les escaliers qui mènent à l’église, nous redescendons
de l’autre côté pour nous retrouver
sur les allées qui tournent autour du centre. Eh oui, elles tournent, nous
sommes bien dans un village circulaire, une de ces « circulades » qui
ont alimenté la valorisation touristique ces dernières années après qu’elles
aient été présentées comme une rareté locale, ce qui a été dénoncé depuis par
les chercheurs. Quoiqu’il en soit, c’est très agréable à l’œil et très
pittoresque. Une particularité toutefois, assurée, celle-là : bien que très près de Carcassonne, Alairac
appartint aux comtes de Foix du XIe au XIVe siècle, comme Lavalette d’ailleurs.
À la sortie du village, toujours
l’histoire : une borne frappée d’une coquille nous apprend que nous sommes
sur le chemin du piémont pyrénéen du pèlerinage de Compostelle.
Là, une vision nous attend.
Le soleil sort et, loin devant nous, le village de Lavalette, serré autour de
son clocher, est enveloppé d’une lumière dorée qui tranche sur le ciel sombre. C’est
magnifique. Après quoi, un beau sentier nous amène d’un village à l’autre. Il file
tout droit, large entaille à travers les vignes. Les ceps et les sarments sont
nus, bien sûr, mais certains se dressent au-dessus d’une terre bien nettoyée,
d’autres émergent d’un tapis de rouquette en fleur. Sur les talus, les fleurs
blanches de la rouquette se mêlent aux boutons jaunes des soucis, le printemps
arrive… Une autre belle image : un grand cyprès à la silhouette peu
courante, très large et pas pointu, seul
au milieu des vignes et des champs, et au-dessus, un arc-en-ciel. C’est d’abord
un bel arc, puis il se réduit à un segment, aux couleurs très intenses,
émergeant de nuages bien sombres, tel un morceau de ruban coupé.
Nous retrouvons Lavalette au
bout d’une haie de cyprès, bien droits, ceux-là, et qui ont l’air en fleurs (eh
oui, le cyprès, ça fleurit aussi), nous traversons le terrain de sport avant de
retrouver le parking.
Merci, Michel, de cette
belle découverte de Lavalette et de son terroir, qui nous a offert une belle rando
d’hiver, heureuse parenthèse dans cette période pluvieuse.
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