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jeudi 5 février 2026

2026-02-05 Lavalette

Nous voilà 24 au départ à la sortie de Lavalette. On a hésité, il faisait des gouttes à Carcassonne mais on a eu bien raison de persévérer, le temps nous a été clément et on a même eu vite chaud.

Nous partons à travers champs et vignes, sur un chemin plein d’empreintes de chevaux.  Puis nous entrons dans le sous-bois d’une forêt de chênes. Il a beaucoup plu ces derniers temps et cela laisse des traces : flaques et boue, ça glisse ! Les avis s’échangent : est-ce que c’est mieux en montée ? est-ce que c’est mieux en descente ? Bah, ça se vaut. Et même quand c’est plat… Des sangliers ont dû essayer le ski sur boue, il y a de belles traces de sabot-glissé. Nous cheminons toujours dans les sous-bois, la végétation de notre pays a cet avantage de rester verte, on a moins l’impression d’hiver et elle nous ménage ici un couloir bien fourni ; sous les chênes, de nombreux buissons occupent l’espace. On monte, on descend, et nous voilà au sommet, qui nous offre un beau panorama sur un paysage agricole autant que boisé, des fermes, une construction en cours que nous pensons être un abri pour les chevaux ; il y d’ailleurs un cheval qui semble surveiller. Devant nous, un toit en poivrière émerge des arbres, c’est la propriété de Lavax.

À partir de là, nous commençons la descente sur Alairac, toujours en forêt. Et voilà ce beau village. Nous grimpons les escaliers qui mènent à l’église, nous redescendons de l’autre côté pour nous  retrouver sur les allées qui tournent autour du centre. Eh oui, elles tournent, nous sommes bien dans un village circulaire, une de ces « circulades » qui ont alimenté la valorisation touristique ces dernières années après qu’elles aient été présentées comme une rareté locale, ce qui a été dénoncé depuis par les chercheurs. Quoiqu’il en soit, c’est très agréable à l’œil et très pittoresque. Une particularité toutefois, assurée, celle-là : bien  que très près de Carcassonne, Alairac appartint aux comtes de Foix du XIe au XIVe siècle, comme Lavalette d’ailleurs.

À la sortie du village, toujours l’histoire : une borne frappée d’une coquille nous apprend que nous sommes sur le chemin du piémont pyrénéen du pèlerinage de Compostelle.

Là, une vision nous attend. Le soleil sort et, loin devant nous, le village de Lavalette, serré autour de son clocher, est enveloppé d’une lumière dorée qui tranche sur le ciel sombre. C’est magnifique. Après quoi, un beau sentier nous amène d’un village à l’autre. Il file tout droit, large entaille à travers les vignes. Les ceps et les sarments sont nus, bien sûr, mais certains se dressent au-dessus d’une terre bien nettoyée, d’autres émergent d’un tapis de rouquette en fleur. Sur les talus, les fleurs blanches de la rouquette se mêlent aux boutons jaunes des soucis, le printemps arrive… Une autre belle image : un grand cyprès à la silhouette peu courante, très large et pas pointu,  seul au milieu des vignes et des champs, et au-dessus, un arc-en-ciel. C’est d’abord un bel arc, puis il se réduit à un segment, aux couleurs très intenses, émergeant de nuages bien sombres, tel un morceau de ruban coupé.

Nous retrouvons Lavalette au bout d’une haie de cyprès, bien droits, ceux-là, et qui ont l’air en fleurs (eh oui, le cyprès, ça fleurit aussi), nous traversons le terrain de sport avant de retrouver le parking.

Merci, Michel, de cette belle découverte de Lavalette et de son terroir, qui nous a offert une belle rando d’hiver, heureuse parenthèse dans cette période pluvieuse.


Claudine P

Photos de Claude

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