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mardi 19 mai 2026

2026-05-19 Carcassonne - le long du premier tracé du Canal du Midi

Nous étions vingt et un cet après-midi pour la rando menée par Guy et MoniqueR. Mais malheureusement Monique a du crier forfait car elle était enrhumée et ne voulait pas nous infecter. Mais elle serait là à la fin pour nous offrir le goûter.
Guy, comme c’est son habitude, nous parle de tout ce que nous voyons, ou dans ce cas ce que nous ne voyons pas : le lit du premier Canal du Midi. Car pendant deux cents ans, le canal du midi a évité Carcassonne. Guy nous en a raconté toute l’histoire, mais comme je n’avais pas de quoi noter lors de la rando j’ai posé cette question à Gemini. 
Combien couta à la ville le passage définitif du canal du midi à Carcassonne
Et voici sa réponse :
L'histoire du passage du Canal du Midi par Carcassonne est marquée par un rendez-vous manqué, suivi d'un rattrapage qui s'est avéré particulièrement coûteux.
Le refus initial (1673) : l'économie manquée
Lors de la construction du canal par Pierre-Paul Riquet dans les années 1670, le tracé naturel devait passer à environ deux kilomètres au nord de la ville, dans la vallée du Fresquel. Riquet proposa de modifier ses plans pour faire passer la voie d'eau directement au pied de la Bastide Saint-Louis.
En contrepartie, il demanda aux consuls (les magistrats de la ville) une participation financière de 100 000 livres. Estimant que le projet n'apporterait que des dépenses et des nuisances, la municipalité refusa net. Le canal fut donc achevé en 1681 sans traverser Carcassonne.
Le détournement définitif (1786 - 1810) : l'addition salée
Dès l'ouverture du canal, la ville réalisa l'ampleur de son erreur historique. Le transport par charrette des marchandises entre la ville et le port éloigné de Foucaud grevait l'économie locale.
Après un siècle de stagnation commerciale et de négociations, les États du Languedoc finirent par adopter le projet de détournement en 1786. Ce chantier pharaonique (qui exigea de creuser une tranchée de 20 mètres de profondeur et de bâtir le pont-canal du Fresquel) dura plus de vingt ans pour s'achever en 1810.
L'ensemble de ces travaux de dévoiement coûta la somme astronomique de 2 millions de livres (financée en grande partie par les États de la province et par la contribution indirecte de la région).
En résumé : Pour avoir voulu économiser 100 000 livres au XVIIe siècle, il aura fallu dépenser 2 000 000 de livres au siècle suivant pour que le canal traverse enfin Carcassonne.
J’ai ajouté trois images à l’album photos montrant une vieille carte avec le « nouveau » tracé à côté de l’ancien, une carte récente qui fait la même chose et une carte moderne où j’ai essayé de reproduire l’ancien tracé.
Mais assez d’histoire, pour le moment car Guy nous avait gardé quelques informations pour plus tard. D’ailleurs Gérard aussi connaît beaucoup d’histoire d’ici et nous en a raconté aussi à une paire d’arrêts !
Nous avons commencé par monter devant l’Hôtel de Département, l’ancien Conseil Général, pour la vue sur le pays au Nord-Est de Carcassonne. Ca vaut le déplacement.
Nous avons fait tout le tour de l’Hôtel pour trouver un petit chemin qui longe le par cet descend vers la Rocade et en dessous de la Rocade pour trouver une petite route assez étroite qui nous mène entre les arbres pour trouver le bord du Fresquel. Mais nous ne l’avons pas longé. Le Fresquel est caché par la végétation et nous an sommes à cinq à dix mètres.
La petite route s’est arrêté mais un sentier continuait. Et donc nous aussi. Pendant un kilomètre il a serpenté entre les arbres – toujours sous leur conopée. Jusqu’à une large ouverture où nous nous arrêtons. Guy cherche le chemin, Gérard l’a trouvé. Mais il est tout embroussaillé et le passage n’est pas possible sans sécateur ou même machette. Dommage car il menait à un ancien écluse, ou du moins ce qui en restait. 
Donc nous revenons sur nos pas – mais tout est différent dans le sens contraire. Le Fresquel n’est plus à gauche, mais à droite par exemple. C’est un moment pour regarder les fleurs de nouveau – car il y en a beaucoup. Orchidées, véroniques, pâquerettes, pisse en lit, mauves, en veux-tu en voilà.
Nous arrivons au pont troué, qui n’existe plus. Gérard nous en raconte l’histoire. J’en ai trouvé des morceaux sur internet. Notamment la Dépêche :
Le coup de gueule d'un habitant de Villemoustaussou, Gérard Rabaute, son écœurement de voir le Pont Troué, après son effondrement en 1982 dû à la neige et à une forte crue, lentement se dégrader et subir les attaques de la végétation, l'a poussé à agir…
« C'est l'aménagement du lit du Fresquel qui a endommagé le pont, qui a provoqué les premières lézardes, la c… humaine », s'emporte un autre passionné, Bernard Fresquet. « Ce pont était une liaison entre Carcassonne et Villemoustaussou et remonterait au Moyen âge. Il était très fréquenté jusqu'à nos jours, jusqu'en 1982, date de son effondrement », rappelle Marie-Elise Gardel. Le projet consiste à retrouver le pavement, à consolider l'existant… Mais, quant à restaurer entièrement le Pont Troué, c'est une tout autre affaire. Une affaire de finances plus exactement. Car il semble difficile, tant le chantier est important, de redonner au Pont Troué son allure d'avant 1982.
La construction du moulin à eau du Fresquel remonterait à 1306. Un pont en bois et de pierres permettait d'accéder sur la rive où se trouvait le moulin de Baussels. En 1712, on retrouve la démolition du vieux pont et l'achèvement du pont en pierres de Gougens. En 1729, le pont est emporté. La date de 1734 figurant sur la petite arche montre que le pont que nous connaissons date de cette époque. En 1768, le pont du Fresquel est réparé. En 1982, le pont déjà endommagé est de nouveau emporté par une forte crue. En 2011, des travaux de restauration sont lancés.
Mais….
Nous reprenons par un sentier plus proche du Fresquel et nous laissons sur notre gauche la petite route par où nous sommes venus. Nous cheminons avec le Fresquel un peu à notre droite et les jardins de la Treille à notre gauche. Puis hop, une petite espace et nous descendons pour longer un pré et trouver un autre passage sous la rocade. Un peu de route (ou de rue) et nous retrouvons le petit chemin qui descendait pour le remonter et retrouver les voitures.
Et pour trouver Monique qui, le nez masqué, nous attend avec toute sorte de gourmandises. Miam.
Merci Guy pour cette belle balade
Merci Guy et Gérard pour toutes ces explications fascinantes
Merci Guy et Monique pour ce goûter si bienvenu !

Photos de John et Claude

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