Par une chaude, très chaude après-midi de mai, nous voici à 22 au bord du lac de Taure. Ce beau plan d’eau, réservoir d’irrigation et d’eau potable, a été créé en 1991, peu après celui de la Cavayère, mais il est moins bien connu des Carcassonnais.
Nous commençons par un sentier qui contourne le lac et qui en est séparé par une zone de roseaux et de plantes aquatiques. La zone est habitée : nous ne les voyons pas, mais les hôtes de ces lieux nous saluent en chantant - ou plutôt en coassant- à tue-tête. Nous sommes tantôt à découvert, tantôt à l’ombre des chênes, mais au bord du sentier, la végétation est très dense ; on voit qu’il a beaucoup plu cet hiver et ce printemps… même si on sent que ça ne va pas durer. Il n’y a pas trop de fleurs mais quand même… Le sentier est émaillé de pâquerettes, les grappes rose vif de quelques orchidées émergent des grandes herbes bien vertes, tout comme les têtes incarnat du trèfle… incarnat.
Nous nous éloignons du lac, nous traversons des espaces boisés et des espaces à découvert, nous longeons des vignes, des champs. Sur les bords du chemin, toujours des pâquerettes, des pissenlits, de temps en temps de véritables petites « forêts » d’orchidées pyramidales flamboyantes, des serapias (d’autres orchidées), des buissons d’églantines, des ronces à mûres (les mûres, ce sera pour plus tard, on ne peut pas tout avoir à la fois…).
Et voici une image de rêve : un champ où les coquelicots et les marguerites sont aussi nombreux que les épis de blé vert, c’est une explosion de couleurs et c’est bien l’image traditionnelle de nos campagnes (il manque les bleuets, mais il n’y en a plus…).
Après quelques rempaillous très ensoleillés, voici Roullens, ses fontaines, son ombre et ses bancs bienvenus. Le village est très agréable, très bien entretenu (de belles rues pavées) et très fleuri, tant dans ses espaces publics que dans les jardins de ses maisons. Nous contemplons un moment l’antique balance de la bascule publique, d’autant qu’il y a là un banc bien à l’ombre ; l’aire de pesage elle-même a été transformée en plate-bande végétale très colorée. Nous apprécions quelques plaques pleines d’humour encastrées dans les façades et nous goûtons à l’eau fraîche des fontaines. Puis c’est reparti !
Nous empruntons un chemin en corniche sur un beau paysage de champs, de bois, de fermes ; un village attire l’œil et provoque une discussion animée entrecoupée de consultations de GPS ; l’avis majoritaire penche pour Preixan. Nous descendons dans une combe remplie de buissons de genêts odorants, presque des arbres, d’ailleurs, tellement ils sont hauts. Nous remontons avant d’amorcer une redescente (eh oui, c’est la vie du randonneur…) qui commence par nous offrir une très belle vue sur le village de Roullens serré autour de son clocher carré. Puis c’est un cheminement dans une belle forêt de chênes, avec quelques éclaircies quelque peu étonnantes, tel un champ de coriandre en fleurs. Nous descendons jusqu’au lit d’un ruisseau et la remontée est un peu rude. Mais la forêt est très belle, le sous-bois est épais, le soleil perce à peine à travers les hautes branches, les jeux de lumière sont magnifiques et des oiseaux s’époumonent. Les fleurs sont là, au cœur des grandes herbes, orchidées, cistes, centaurées, vesces violettes, lilas de Perse ; il y a même encore des baies rouges du petit houx (il s’est oublié…).
Nous revenons sur Roullens, nous retraversons le village et nous engageons la descente sur Villalbe et son lac. Nous longeons le domaine de Baudrigue, un lieu-mémoire d’un épisode tragique de l’histoire audoise : ici furent exécutés 19 résistants le 19 août 1944 (deux au moins sont bien connus des Carcassonnais grâce aux rues du centre ville qui portent leur nom : Jean Bringer et Aimé Ramond).
Puis ce sont les alignements des vignes, des jeunes plantations d’oliviers, et enfin le lac dont le bleu profond apparaît à travers les pins, nous offrant un dernier spectacle de couleurs.
Merci à Nicole et à Chantal qui nous ont conduits, avec enthousiasme et une parfaite maîtrise des lieux, à travers ces paysages qui sont proches de Carcassonne mais qui savent garder leur beauté sauvage.
Claudine P.
Photos de Roger
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