Vous en rêviez ?
Vous l’avez réalisé !
De Montferrier à Lavelanet en passant, un long et riche moment,
sur le Mont Ségur.
Le GR107, dénommé « le tour du massif de Tabe d’Olmes « nous
mène au col de Montségur.
Un ptit raccourci nous évite d’emprunter la route.
Nous sommes suivis par un deuxième groupe originaire de Pau.
Par courtoisie nous les laissons nous devancer. En vrai, nous en profitons pour
récupérer un peu de nos efforts et après la traversée de la route sans aucune
discipline, aucune.
Il est vrai que le meneur n’est en rien sévère et ne sait se
faire respecter.
Petite pause pour une pose photo sur le col, Montségur nous
dominant, après êtres passés en caisse. Journée du patrimoine pas totalement
gratos.
Encore 170 m de dénivelé, très pentues, nous voilà au
château.
Pour nous mettre en appétit, nous avons le privilège d’une excellente
conférence concernant l’histoire de ce site conté par notre non-moins
excellente conférencière.
Ha ! la grande pause « casse croûtes » juste
en face du lointain château de Roquefixade dominant son solide éperon rocheux.
Magnifique ! N’est il pas ?
Après cette très agréable demi journée, il nous prendre le
chemin du retour.
La descente du Pog est néanmoins assez difficile. La suite
reste confortable mais sur un tiers du chemin en son milieu il devient très chaotique
et fortement dégradé par les éléments.
Tu ne peux faire autrement que de regarder où tu mets tes
pieds.
Nous laissons à droite le GR7B et suivons le sentier balisé
jaune en direction de La Cathofe, (ne pas confondre avec « la catastrotophe »).
P’tite erreur de tracé, mille excuses, mais sans grande conséquence.
Nous voilà sur la bonne piste de Malbastit. Un peu de route
et une dernière ligne presque droite aboutissant au bord de la Touyre à
Lavelanet notre point d’arrivée.
Habituellement nos circuits ce font en boucle mais cette
fois il nous faut s’organiser différemment.
Suite à nos confusions, avec la seule voiture laissée au
point d’arrivée il fallait ramener 6 conducteurs. C’est la première fois que je
roule avec ma voiture dans mon coffre. Nous devrions toutes et tous connaître
cette expérience. De plus je surveillai le pilote avec mon GPS pouvant lui
signaler une éventuelle présence policière et vérifier le respect des vitesses et de ses temps arrêts
au stop.
Ne lui dites pas, il pourrait être scandalisé.
Ha oui ! J’allais oublier … 20 au départ et presque 20
à l’arrivée. Une récupération sur le retour et
nous voilà au complet. Mince « Encore raté ».
Bienvenue à notre Cathy qui prend soin de nous.
Le Tophe.
A SUIVRE :
Nous voilà sur un des sites les plus symboliques et les plus émouvants de notre région, mais aussi bien au-delà.
De loin, c’est déjà une silhouette très reconnaissable en avant du Saint-Barthélemy. On approche et le voilà en une masse fantastique se détachant sur un ciel qui est aujourd’hui d’un bleu intense.
Le nom même de Montségur dit son histoire: c’est le mont refuge.
Au debut du XIIIe siècle, l’hérésie qu’on appellera plus tard catharisme s’était largement répandue en Languedoc et particulièrement en pays de Foix où elle était largement tolérée par le comte. L’Église de Rome s’en inquiétait et le pape Innocent III finit par lancer, en 1209, la "Croisade contre les Albigeois", première croisade jamais lancée contre un pays chrétien.
Devant les persécutions qui s’annonçaient, des hérétiques de la région demandèrent au seigneur de Péreille de leur offrir le refuge de ce piton incroyable qui était sur ses terres. Aucun village n’existait alors en bas. Petit à petit, des murailles s’élevèrent et une population de réfugiés vint former un véritable village, tout en haut, autour des remparts. Pendant 35 ans, plusieurs centaines de personnes vécurent là, hérétiques et seigneurs chassés de leurs terres par les croisés, avec leur famille.
Montségur devint le symbole de la résistance à l’Église et au roi. En 1242, une troupe partit du château et alla massacrer des inquisiteurs qui siégeaient à Avignonet. En réaction, le pape et le roi décidèrent d’en finir. L’armée royale vint assiéger le pog qui résista pendant plus d’un an, ravitaillé clandestinement en permanence par les villageois voisins. Puis, par la trahison probable d’un habitant des environs qui leur indiqua un chemin méconnu, en mars 1244, les assaillants escaladèrent dans une nuit la face la plus abrupte de la montagne, jugée non praticable et donc non défendue. Au petit matin, les occupants du château durent se rendre. Ceux qui n’étaient pas hérétiques ou qui abjureraient auraient la vie sauve, les autres seraient brûlés vifs. Ils obtinrent quelques jours de délai. Ce fut le temps des adieux là-haut près des nuages, ce fut le moment aussi où on évacua les biens précieux des hérétiques, des livres sans doute, peut-être un peu d’argent, ce qu’on appellerait plus tard le "trésor de Montségur’, objet depuis de tous les fantasmes. Puis ce fut le gigantesque bûcher, 240 personnes environ préférèrent la mort au reniement.
Le château fut donné par le roi à Gui de Lévis; son fils le reconstruisit plus tard, dans les années 1280: c’est le château que l’on voit aujourd’hui. Puis il tomba dans l’oubli du temps.
Il fut "redécouvert" au XIXe siècle et il devint sous la plume des poètes un symbole de foi absolue et de résistance. Puis il fut approprié par des sectes ésotériques et des mouvements d’idées en tout genre qui en firent le lieu où serait caché le mythique Graal, un temple solaire, un lieu de trésor, le symbole du peuple occitan écrasé par les hommes du nord...et autres. Ce qui lui donne aujourd’hui une aura mondiale.
Claudine P
Photos de Jean-François et de Christophe
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