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vendredi 16 janvier 2026

2026-01-16 Brousses - randonnée & galette

Il faisait quelques gouttes lorsque nous avons quitté Carcassonne mais au moment où nous commençons à marcher, le soleil sort. Il va repartir bien vite mais tant pis, il fait très doux, le temps est idéal. Nous ne nous étions pas tous encore rencontrés en ce début d’année, alors, des « bonne année » s’échangent. Avant de partir, sous la conduite de Jacques, au travers des paysages de Brousses. Nous sommes une bonne trentaine, nous sommes venus souvent ici, mais l’après-midi nous réserve encore de belles découvertes.
Nous commençons par un chemin très boisé mais très boueux. Ici, les arbres sont à feuilles caduques, les dites feuilles ne sont donc plus sur les branches mais elles sont bien épaisses sous nos pieds. Des plantes grimpantes, toutefois, et toutes en feuilles, elles, s’enroulent autour des branches dénudées,  ce qui maintient vivante la forêt. Puis, nous changeons de paysage. Voici le domaine méditerranéen, chênes verts, kermès et genévriers au-dessus d’un tapis de thym ; ceux-là, ils ne perdent pas leurs feuilles, donc le paysage est toujours vert. Et on commence même à voir  des prémices de printemps : des euphorbes vert tendre nous présentent de lourds bourgeons. Cet espace est bien touffu, des espèces méditerranéennes, certes, mais une belle forêt ; il nous arrive même d’emprunter des passages presque refermés en nous battant contre des excroissances de buissons bien épineuses qui nous accrochent. Nous croisons beaucoup de traces de sangliers, des empreintes, mais surtout de larges espaces de terre retournée, fouillée. La forêt est vivante, même si ses habitants se cachent à nous.
Nous arrivons à un croisement, marqué par une très ancienne croix de carrefour dont on devine à peine l’inscription tant la pierre s’effrite.  Le sentier que nous prenons longe un grand champ pentu ; il y a quelques mois, nous avions visité un four à chaux caché en bordure de ce champ. Nous aurions bien voulu le revoir -ou le découvrir pour ceux qui ne l’avaient pas vu. Mais, l’accès du champ était défendu par deux vaches et …un beau taureau. Patrick et Denis étant pourvu d’une belle veste rouge, nous leur avons demandé de partir sur la gauche, afin qu’ils entraînent le taureau à leur suite et que nous puissions aller voir le four, sur la droite. Mais ils n’ont pas voulu !!!
Pour nous consoler, de l’autre côté du chemin, voilà deux ânes -très grands pour des ânes mais des ânes quand même- au regard très doux (« J’aime l’âne si doux, marchant le long des houx… », qui - dans notre génération - n’a pas appris cette poésie à l’école primaire?) et trois chèvres aux très longues cornes.
Le chemin du retour nous conduit par des chemins creux  de ferme en ferme, escortés un temps par des cochons tout roses, puis par des brebis et des agneaux gambadant dans une verte prairie. Le jour tombe doucement et nous voilà revenus au parking, on se déchausse, on range les bâtons et on rejoint le foyer où attendent une bonne dizaine d’amis qui sont venus participer au banquet. On déplie les tables, on met les nappes, on distribue les gobelets et voilà la blanquette. Mais surtout, voici les couronnes et galettes objets de nos festivités et même d’autres gâteaux dus à nos experts pâtissiers et pâtissières, et même des chocolats en papillotes. 
Quelques mots pour fixer notre vocabulaire. Ce qui domine chez nous et dans tout le Midi de la France, de la Provence à l’océan, – c’est d’ailleurs le cas sur les tables de cet après-midi- c’est le « gâteau des rois », la brioche en forme de couronne, avec des fruits confits pour pierres précieuses, qu’on appelle aussi « royaume ». Pendant longtemps, c’était ici le seul gâteau de l’Épiphanie. Et puis est arrivée la « galette », pâte feuilletée et frangipane, aussi appelée « galette parisienne » qui témoigne de son origine ; elle règne sur les deux tiers nord de la France et elle a commencé une colonisation du Midi.
Et la fève ? Elle est connue à l’époque romaine. La période des Saturnales, de grandes fêtes données en l’honneur du dieu Saturne, le maître du temps, au moment du solstice d’hiver, était l’occasion de grandes fêtes populaires, où on se faisait des cadeaux et où on inversait l’ordre social : maîtres et esclaves banquetaient ensemble, les esclaves pouvaient critiquer les maîtres qui offraient offrait un gâteau rond, symbole du soleil ; on y glissait une fève, le premier légume qui sortirait au printemps, et celui qui la trouvait était le roi d’un jour.
Cette pratique des présents et en particulier du gâteau offert fut « christianisée » dès les débuts du christianisme et devint le rappel des cadeaux offerts par les rois mages à l’enfant Jésus au jour de l’Épiphanie, fixée par l’Église le 6 janvier. Notre gâteau des rois est donc un mélange de culte païen et d’imagerie chrétienne, un bel exemple de syncrétisme.
On a tout à fait oublié Saturne, on oublie quelque peu les Rois Mages, mais on a toujours la galette et la fève … et on en a bien profité, apportant chaleur et lumière au cœur de l’hiver.

Claudine P.

Photos de Roger
Photos de Claude
Photos de John et Patrick

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